Techniques et
premiers résultats d’arthrodèses lombaires avec plaques percutanées françaises
et cages intersomatiques par voie endoscopique
a propos d’une série de 22 cas
*Chirurgie
Orthopédique, Centre Tourville (Paris),
**Neurochirurgie
Polyclinique Chirurgicale Kennedy (Nîmes),
***Unité de Recherche
et Développement (Neuro-France Implants) (Boursay).
Le but de cette communication est de présenter une technique d’arthrodèse percutanée. L’équipe de Balgrist2 a ouvert la voie en mettant au point la technique de greffes percutanée postérieure sous endoscopie dès 1987 et en publiant plus de 50 cas.
La technique est bilatérale et peut se faire sans endoscopie et sous anesthésie générale si elle se limite à l’ostéosynthèse par plaques. Une endoscopie sous anesthésie locale et neuroleptanalgésie est nécessaire pour contrôler les racines si des cages sont placées.
Le matériel d’ostéosynthèse se
compose de vis pédiculaires percées et de plaques à 2 et 3 trous, spécifiquement
développées. La technique chirurgicale est
particulièrement simple, elle ne nécessite qu’un ancillaire réduit, familier de
tout chirurgien rachidien. Elle repose sur une visée pédiculaire standard,
réalisée par voie percutanée; les patients sont opérés en décubitus ventral,
sur cadre à rachis, sous anesthésie générale ou sous neuroleptanalgésie avec
adjonction systématique d’une AL à la lidocaïne adrénalinée à 2%, réduisant le
saignement musculaire; un amplificateur de brillance standard, à bras mobile,
permet de réaliser un contrôle permanent, en temps réel, dans deux plans
perpendiculaires. L’incision cutanée nécessaire est de l’ordre de
visée convergente des pédicules,
au trocard permettant un meilleur ancrage des vis;
mise en place d’une broche de Kirschner, sur laquelle sont positionnés deux dilatateurs de diamètre croissant, puis un tube de travail. Introduction du dilatateur plaque contre la broche, perpendiculairement au dos du patient, jusqu’au contact osseux; la progression est assurée par de petits mouvements de rotation progressifs du dilatateur, permettant de décoller en douceur les tissus. Introduction de la plaque sur la broche utilisant un porte plaque adapté, suivant le même trajet que le dilatateur; le trocard est ensuite positionné sur le pédicule de la vertèbre adjacente à instrumenter, au travers de la plaque en place. Une vis canulée est montée sur la broche au travers du tube de travail et positionnée sous contrôle scopique; les autres pédicules suivent la même procédure.
Résultats : sur 22 patients opérés depuis septembre 2004, de 25 à 78 ans, sex ratio 13/10, 16 présentaient une discopathie dégénérative localisée à un ou deux segments, dont une sur scoliose, une sur spondylolisthésis congénital, et une après chirurgie de hernie discale ; 3 présentaient un spondylolisthésis dégénératif isolé, 2 une fracture (73 et 75 ans). Le montage a intéressé un seul niveau 17 fois, dont 9 L5S1 et 6 L4L5, et deux niveaux 5 fois, dont trois en L4L5S1. Des cages mises par la même voie d’abord ont été associées 1 fois sous pour un spondylolisthésis L4L5. L’EVA préopératoire était en moyenne 6,45, et en postopératoire de 1,59, soit 75% d’amélioration. Le score de Prolo en post opératoire était de 8,22, 10 étant la note maximale.
Discussion : quoique le suivi des patients soit court, inférieur à un an, la technique donne de bons résulats. Les cages peuvent restituer la hauteur de l’espace intersomatique. La courbe d’apprentissage est relativement importante et une sélection rigoureuse des indications est nécessaire.
A notre connaissance, si les plaques percutanées deviennent courantes outre-mer, il n’existe qu’une seule publication concernant les cages intersomatiques par voie percutanée postérieure jusqu’à présent, et elle est effectuée par laminotomie sous vision directe avec le système Medtronic1, sous anesthésie générale.
Conclusion : Cette technique de vissage pédiculaire percutané avec possibilité d’interposer des cages intersomatiques par la même voie est très prometteuse.
Bibliogaphie :
1-
Khoo
LT, Palmer S, Laich DT, Fessler RG, Minimally Invasive Percutaneous-Posterior
Lumbar Interbody Fusion, Neurosurgery 51 (suppl 2):166-181, 2002
2-
Leu HJ,
Hauser RK, Schreiber A.; Lumbar percutaneous endoscopic interbody
fusion.
Clin Orthop Relat Res. 1997 Apr;(337):58-63.
Fig 1 aPlaques de face ; fig 1b : Radiographie de face ; fig 1c : scanner de deux vis pédiculaires
1a et b

Fig 1c

Fig 2: Cages et plaques vissées L4L5
percutanées endoscopiques sous neuroleptanalgésie. Ces clichés ont été
effectués en orthostatisme dans les heures suivant l’opération sous
neuroleptanalgésie et anesthésie
locale. 